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Coût d'un recrutement râté

Coût d'un recrutement râté

Un recrutement infructueux entraîne systématiquement des coûts qui vont bien au-delà de la simple rémunération du collaborateur en question : ils s’ajoutent aux dépenses préalables, pèsent sur la performance et fragilisent la cohésion du groupe. Cet article détaille les différents éléments financiers et organisationnels que peut coûter un recrutement raté,  ainsi que les solutions pour en limiter l’impact.

Qu’est-ce qu’un recrutement raté ? 

Un recrutement raté est un recrutement qui n’a pas duré. Il se définit par un départ survenu dans l’année suivant l’embauche, qu’il soit pendant ou après la période d’essai. Il peut être à l’initiative de l’entreprise comme du salarié, cela étant dit, les causes d’un recrutement non abouti se combinent et ne sont pas la source d’un facteur unique. 

Les erreurs de recrutement sont considérées comme un mauvais investissement car il nécessite de recommencer tout le processus de recrutement, et celui-ci a un coût. 

Comment calculer le coût d’un recrutement ? 

On distingue deux catégories principales pour calculer le coût d’un recrutement raté : les coûts directs (facilement chiffrables) et indirects (difficiles à identifier). 

Les coûts directs : 

  • Coût de recherche : représente l’ensemble des frais dépensés avant même l’arrivée du salarié, notamment pour la recherche de candidat (sourdine), les cabinets de recrutement, les honoraires des recruteurs, les entretiens…
  • Rémunération du salarié : à intégrer avec prudence car un recrutement qui n'a pas marché ne signifie pas que le salarié n’a rien apporté à l’entreprise.
  • Frais d’intégration/formation : considérés comme une perte, puisqu’il n’y aura jamais de retour sur investissement (fin d’une formation ; ex. : CACES).

Coûts indirects : 

  • La baisse de productivité : elle n’est pas forcément visible mais ce fait ressentir. Il suffit d’observer la qualité du travail proposé ou d’observer des indicateurs clés, tels que le chiffre d’affaires. 
  • Erreurs ou retards : ce phénomène peut entacher la réputation de l’entreprise, générer l’annulation de commandes ou encore affecter la satisfaction des clients. 
  • Impact sur les équipes : en lien avec la baisse de productivité, la charges de travail des postes vacants est redistribuées aux collaborateurs restants, ce qui peut engendrer de la fatigue, du stress et créer un effet boule de neige : d’autres salariés peuvent voit envie de partir

Le vrai coût d’un recrutement raté est presque toujours sous-estimé, parce que les coûts directs n'en représentent qu’une partie de la facture. Tandis que les coûts indirects, qui sont plus diffus, pèsent tout autant, voire davantage, sur les retombées de l’entreprise. 

Quel est le coût d'un recrutement raté pour un poste de cariste ?

Prenons un exemple concret. Un cariste est recruté par une entreprise en logistique. L'entreprise finance sa formation CACES R489 (catégorie 3, chariots élévateurs) car le candidat ne l'avait pas encore. Après 8 mois, le salarié quitte l'entreprise. 

Coût du recrutement avant embauche : 2 250€

  • Diffusion de l'offre sur plusieurs job boards spécialisés logistique = 350€
  • Recherche active de candidats (LinkedIn, CVthèques) = 300€
  • Recrutement géré en interne par le responsable logistique, environ 30 heures de travail sur l'ensemble du processus = 1 100€
  • Tests pratiques de conduite et entretiens = 500€

Formation CACES financée : 1 800€

  • Coût de la formation CACES R489 cat. 3 (organisme externe, formation + passage de l'examen) = 1 300€
  • Temps de travail "perdu" pendant les 3 jours de formation (salarié rémunéré mais non productif) = 500€

Ce poste est spécifique aux métiers de la logistique/manutention : contrairement à d'autres profils, l'entreprise investit ici dans une certification obligatoire et transférable, que le salarié emporte avec lui en cas de départ, ce qui aggrave la perte en cas de recrutement raté.

Rémunération du salarié : environ 18 700€

  • Salaire brut moyen de 1 650 €/mois, charges patronales incluses (~42 %) = coût mensuel chargé d'environ 2 340€
  • Sur 8 mois de présence = 18 720€

Un cariste devient généralement opérationnel assez rapidement (quelques semaines), donc une partie de cette rémunération a été rentabilisée. Mais l'entreprise perd la montée en compétence et la polyvalence qu'il aurait pu développer avec le temps (autres CACES, conduite d'engins plus complexes).

Frais d'intégration : 900€

  • Accompagnement par un cariste expérimenté ou un chef d'équipe pendant les premières semaines (perte de productivité de ce dernier) = 700€
  • EPI, badges d'accès, équipements dédiés = 200€

Coût du remplacement : 4 050€

Il faut relancer l'intégralité du processus : le coût de recrutement initial (2 250€) et une nouvelle formation CACES si le prochain candidat ne l'a pas non plus (1 800€), soit 4 050€, sauf si l'entreprise cible cette fois un candidat déjà titulaire du CACES, ce qui réduirait ce poste.

Frais de départ : 0€

Le salarié étant parti de son propre chef avec un préavis standard, aucun frais légal particulier (pas d'indemnité de licenciement).

Baisse de productivité : 1 500€

Le poste de cariste est souvent central dans une chaîne logistique (réception, préparation, expédition). Sa vacance pendant la période de recherche du remplaçant a nécessité de faire appel à de l'intérim en urgence ou de redistribuer la charge à d'autres caristes, avec un delta de coût estimé à 1 500 €.

Erreurs ou retards : 800€

Un cariste mal formé ou peu expérimenté sur les premiers mois présente un risque accru d'erreurs (mauvaise manutention, léger retard sur les préparations de commandes). On estime ici un coût lié à quelques erreurs mineures et retards de préparation à 800€.

Impact potentiel sur les équipes : 1 000€

La redistribution temporaire de la charge de travail aux autres caristes de l'équipe, dans un contexte déjà tendu sur ces métiers en pénurie, génère fatigue et tensions, estimées à 1 000€ en perte de productivité collective.

Soit le coût d'un mauvais recrutement s’élève donc à 31 000€ (dans la situation la plus standard).

Calcul basé sur l’analyse de Collock

Comment y faire face ?

Ces chiffres peuvent sembler impressionnants, mais ils soulignent surtout l’importance de sécuriser sa stratégie de gestion des effectifs. En logistique notamment, où les besoins fluctuent et les imprévus sont fréquents, l’intérim constitue une solution particulièrement adaptée pour limiter ces risques. Grâce à sa flexibilité, il permet d’ajuster rapidement ses effectifs aux variations d’activité tout en s’appuyant sur des profils déjà opérationnels, réduisant ainsi le risque d’un mauvais recrutement. 

En confiant cette gestion à une agence d’intérim, les entreprises bénéficient d’un sourcing délégué, d’une préqualification rigoureuse, et d’un vivier de candidats qualifiés. Cette approche, plus souple et réactive, permet ainsi de sécuriser l’intégration des nouvelles recrues tout en maîtrisant les coûts liés au turnover. 

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Les conséquences d’un mauvais recrutement ? 

Un mauvais recrutement ne se limite pas à une perte financière : il peut aussi entacher l'image de l'entreprise. Voici les principales conséquences pour une organisation : 

Réputation 

  • Avis négatifs laissés par l’ancien employé sur des plateformes comme Trustpilot ou Glassdoor
  • Dégradation de l’image auprès des institutions (écoles, partenaires…)
  • Bouche à oreille négatifs rendant retissant à postuler certain futur candidat  

Performance 

  • Turnover élevé, compliqué à combler
  • Difficultés à recruter de nouveaux candidats sur des postes similaires 
  • Moins de productivité liée au manque de personnel 

Interne

  • Surcharge de travail pour les collaborateurs restants 
  • Baisse de la motivation car le climat social au travail est devenu tendu.

Comment corriger les conséquences d’un recrutement raté ?

Identifier les causes pour ne pas reproduire les mêmes erreurs
Avant toute chose, il est essentiel de comprendre pourquoi ce recrutement n'a pas fonctionné : erreur de casting, mauvaise définition du besoin, manque de clarté sur les missions, intégration insuffisante… Cette analyse permet d'ajuster le processus de recrutement pour les postes suivants et d'éviter de répéter les mêmes erreurs.

Soutenir les équipes restantes en répartissant la surcharge de travail de manière équitable
Le départ d'un collaborateur fait peser une charge supplémentaire sur le reste de l'équipe. Il est important de répartir cette surcharge de façon juste et tenable dans le temps, pour éviter l'épuisement et limiter le risque de démotivation, voire de départs en cascade.

Faire appel à une agence de travail temporaire pour pallier le manque d'effectif
L'intérim permet de combler rapidement un poste vacant avec un profil opérationnel, tout en soulageant les équipes en place le temps de retrouver la bonne personne pour un recrutement pérenne. C'est une solution flexible qui évite de précipiter un nouveau recrutement dans l'urgence.

Fidéliser les collaborateurs pour limiter les départs
Un recrutement raté peut fragiliser la confiance des équipes. Miser sur des actions de fidélisation – reconnaissance, perspectives d'évolution, écoute des besoins – permet de limiter le turnover global et de sécuriser durablement les effectifs.

Structurer un onboarding cadré pour les nouvelles recrues
Un parcours d'intégration clair et structuré, avec un accompagnement dédié dès les premiers jours, améliore considérablement les chances de réussite d'un recrutement et réduit le risque de départ prématuré.